Dossier-Presse

L'ART ABORIGENE : UN PARCOURS UNIQUE

Le peuple aborigène a toujours été artiste. Ce sens artistique s’illustre de façon continue dans leur culture depuis 50 000 ans. Les premières peintures ont été réalisées dans sur des parois et dans des grottes en Australie il y 20 à 30 000 ans. Les aborigènes peignent aussi sur les corps et sur les sols, en réalisant, notamment, des fresques cérémonielles sur le sable sur des surfaces par exemple de 200 m² !

A l'origine, l'objectif de ces peintures était spirituel, social, dans une dynamique de transmission des connaissances entre générations. Elles reflétaient et interprétaient "le Temps du rêve" ou Dreamtime (Tjukurrpa en langue anangu). Ce concept se trouve au cœur de la culture des aborigènes d'une bonne partie de l’Australie et accompagne les différentes cérémonies.

"Le Temps du rêve" traite des origines du monde et plus particulièrement de l'époque qui a présidé à la création de la Terre et des paysages par les ancêtres fondateurs. C’est une période immergée dans la spiritualité. Pour les aborigènes, ce "Temps du rêve" n'a pas disparu. Il peut être atteint au travers de différentes célébrations des mythes ancestraux de leur peuples. Ces mythes ancestraux doivent donc être accomplis et renouvelés par les vivants pour honorer les ancêtres. Ils permettent également de communiquer avec les esprits, de souligner les lois sociales, les dimensions spirituelles et reflète aussi la cartographie de territoires signifiants et de lieux vitaux pour les nomades.

On pourrait également comparer "le Temps du rêve" à notre Genèse avec la différence qu'il n'est pas figé. Il est fertilisé par les générations d'aujourd'hui et se nourrit par des évènements récents. C'est un cycle vivant qui s’enrichit des mythes et des rituels de toutes les époques et d'évènements marquants plus contemporains dans une sorte de cycle continue apprenant et perpétuel.

La peinture contemporaine d’aujourd’hui, réalisée au sein des communautés artistiques Aborigènes sur leurs territoires, continue de favoriser et d'entretenir cette transmission des connaissances,

PAPUNYA, LA NAISSANCE DE L’ART CONTEMPORAIN

Dans la seconde moitié du XXème siècle, les pouvoirs publics ont initié de vastes campagnes de sédentarisation avec l'objectif de rassembler les nomades au sein de différentes missions. Ce qui n'a pas été une tâche facile étant donné que les aborigènes parlent 250 langues différentes.

En 1971, à Papunya, une communauté située à 240 km au nord-ouest d'Alice Springs, dans le Territoire du Nord, plusieurs aborigènes se sont réunis autour d'un professeur de dessin. Leurs œuvres ont permis de mettre en lumière le fait que ce peuple avait une culture très profonde. Elles ont donné le coup d'envoi à la naissance de l'art contemporain aborigène. L'année 1971 est considéré comme un "big bang" créatif, de nombreux talents s'emparent de pinceaux et commencent à peindre. Tout un peuple émerge à travers la peinture et accède à une véritable reconnaissance par l'Occident. A l'instar de Papunya, d'autres centres d'art poussent comme des champignons, des artistes gagnent en notoriété.

On est dans un mouvement d'art contemporain qui ne cesse de croître et de se démultiplier. Il n'y a pas d'âge pour peindre, il y a d'excellents "jeunes" artistes âgés de 70 ans. "Dans le passé, il y a eu beaucoup d'excès". Aujourd'hui, il faut s'attacher à la provenance de l'œuvre à savoir au centre d'art où elle a été réalisée. Ainsi, on garantit la qualité de l'œuvre et on respecte un processus et le code éthique".

Un mouvement d'art contemporain aux racines profondes

Les peintures Aborigènes contemporaines réalisées au cœur des territoires indigènes, résonnent avec force et authenticité de la culture multi-millénaires unique de ce peuple.

Leur spiritualité du temps du rêve s'exprime à travers leurs signes et mythes transmis de générations en générations, dans une sorte de grammaire immémoriale. La créativité des artistes Aborigènes se développe avec la puissance d'un ancrage hors du commun dans une culture continue sur 50 000 ans, à travers des médias et des individualités qui ne cessent de se réinventer et se projeter dans le futur.

Ces artistes talentueux dont beaucoup figurent dans de grands musées à travers le monde, évoquent avec poésie et spiritualité leurs territoires et le temps du rêve.

Des Peintres Aborigenes majeurs Dans les MUSEES Européens et aux USA

L’artiste Lena Nyabi (75 ans), du centre d’art de Warmun, fait revivre le rêve du poisson Barramundi sur le toit du Quai Branly.

Cette représentation exceptionnelle du rêve du Barramundi souligne l’histoire mythologique d’un poisson ancestral péché par trois femmes. Il leur échappe en s’enfonçant dans le sol et en formant ainsi le territoire. A l’endroit où le poisson s’est enfouis, les écailles du poisson incrustées dans la roche sont devenus des diamants extraits aujourd’hui par la mine d’Argyle.

L’artiste soulignait« sa fierté et son enthousiasme que son œuvre soit vue par des millions de visiteurs de la Tour Eiffel. Ainsi je partage ma culture avec le monde ».

L’artiste Ningura Napurrula (décédée) du centre d’art de Papunya, a peint à l’invitation de Jean Nouvel, le plafond du 1er étage du Musée du Quai Branly rue de l’université.

Dans les toiles de Ningura, nous nous trouvons le plus souvent face à des œuvres multi-dimensionnelles, avec des cartographies du territoire, différents puits d'eau dans le désert semi-aride au cœur de l'Australie.
Les lignes reliant les cercles concentriques évoquent les pistes chantées entre ces lieux de vie où l'eau est accessible aux nomades. Ces lignes en partie ondulées soulignent également des peintures corporelles et les courbes du ventre d'une femme enceinte.
Aux intersections de ses toiles, en arc de cercle, figurent des symboles associés aux cheveux tressés, formant des tuniques utilisées par les femmes lors de cérémonies.

De ces toiles ressortent avec vibration et majesté, l'évocation des mystères de la maternité, ancrés sur un territoire spirituel et sublimé, et lui-même enfanté.
D’autres infos sur les artistes Aborigènes, acteurs du bâtiment de l'architecte Jean Nouvel.

L’artiste Gulumbu Yununpingu (décédée) du centre d’art de Yirrkala, a peint le 2e étage du Musée du Quai Branly rue de l’université.

L’artiste représente à travers ses étoiles suggérées différentes histoire connectées au Temps du rêves, comme celui des 7 sœurs et une autre histoire mythologique attachée au Milky Way. Dans une interview réalisée par Hetti Perkins, Gulumbu évoquait au sujet de ses peintures :

«  I am thinking that the people -- the millions and billions of people in the world are, you know, just sitting there looking at the stars and think, ’Well how can we be separate if we’re all under the same stars? We are like the stars, in that we -- there are as many stars as there are people’.
So this design has come both from my mother and my father. From my mother’s story of the stars crying, and from my father putting that dot in the middle of the stars. And that’s why I call it the eye. So the cross shape is the body of the star. The outline is indeed the mali, the shadow or spirit of that star. The eye will go in the middle there. And the dots are the stars that are further away, or maybe the people that are further way from us. People we’ve never met before, of different clans or nations that we don’t even know of.”

L’artiste Daniel Walbidi (31 ans) du centre d’art de Bidyadanga, déjà exposé au MET à New York.

Dans les œuvres de Daniel Walbidi, nous retrouvons souvent le thème du Winpa, trou d’eau fondamental dans le désert, avec les émergences d’eau – enfant, avec une cérémonie associée à travers des lignes centrifuges.

Daniel Walbidi est un grand peintre reconnu de la jeune génération issue de la diaspora. Sa communauté aborigène a quitté leur lieu ancestral dans le désert, les puits ayant été asséchés par les compagnies minières. Avant de réaliser un pèlerinage sur leur territoire, il représentait le paysage sublimé à travers la mémoire transmise par les anciens, avec une palette chromatique issue de leur lieu actuel au bord de l’océan.

Les paysages Aborigènes le plus souvent multidimensionnels, évoquent de façon souvent abstraite les portraits d'esprits créateurs du monde à travers certaines peintures. Il s’agit le plus souvent du portrait intérieur de l'artiste, au delà de la surface de la peau, dans sa mémoire, à travers l’histoire de son peuple qu'il transmet de générations en générations, comme chez l'artiste Weaver Jack. Ces portraits profonds, presque insondables embrassent les millénaires.

Les derniers Aborigènes nomades en 1984 et 1986

L'artiste remarquable Warlimpirrnga Tjapaltjarri fut un des derniers nomades, avec les artistes du Spinifex Art Project, à quitter le désert en 1984, avant de rencontrer l'homme blanc.
Ses œuvres clefs soulignent son sens de l'abstraction et la résonance spirituelle de son territoire traditionnel. L'artiste figure dans plusiers collections privées aux USA et a été exposé en Octobre 2015 à New-York et à Miami.

LA GALERIE ABORIGINAL SIGNATURE : UNE SELECTION POINTUE

La Galerie propose quatre expositions thématiques par an et participe à plusieurs salons d'art sur Bruxelles ou en Europe. Elle offre une opportunité unique d'observer le développement et l'évolution de ce mouvement artistique contemporain riche et fertile. Le concept de la galerie conjugue une passion et un métier, considérant chaque visite comme un voyage au cœur de cette culture millénaire.

La galerie organise également des conférences pour favoriser le partage et l'échange. L'objectif est de développer la connaissance de ce mouvement d'art contemporain et d'assurer la promotion d’un art Aborigène de grande qualité en Europe. Au fil des expositions nous nous attachons à vous faire découvrir l'amplitude et la diversité de ce mouvement d'art contemporain qui naît à Papunya en 1971 (lieu de Kintore).

La galerie Aboriginal Signature est unique en Belgique et une des rares en Europe qui travaille directement avec les centres d'art triés sur le volet. Elle propose des artistes qui pour beaucoup n'ont jamais été présentés en Europe et est le représentant officiel en Europe, pour la Belgique, du centre d’art Aborigène de Papunya, mais également de plus de 10 autres communautés artistiques.

A travers le regard des artistes, souvent de grands initiés, ce mouvement artistique ne cesse de puiser dans le terreau fertile d'une culture multimillénaires, les gisements d'une créativité artistique insatiable, porteuse de la mémoire d'un peuple.

Lors des expositions, ouverture du mercredi au samedi.
Horaires : de 14h à à 19h (du mercredi au samedi) – et à d’autres moments sur simple RDV.

Adresse :
Galerie Aboriginal Signature
Adresse: 101, rue Jules Besme - 1081 Bruxelles, Belgique - Tél. +32 (0)2 538 26 85

Contact presse :
manager@aboriginalsignature.com - GSM : +32 (0)475 55 08 54

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