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Focus sur une peinture d'art Aborigène magistrale de l'artiste Maringka Baker

Focus sur une peinture d'art Aborigène magistrale de l'artiste Maringka Baker

Dans cette peinture d'art Aborigène tout est traduit en incandescence.
La chaleur accablante et intense du désert central Australien s'y développe dans de multiples nuances de rouges, d'oranges et de jaunes irisés. Ces couleurs chaudes illuminent la toile et ourlent les cercles concentriques des trous d’eau bienvenus. Tels des étapes cruciales, avec leurs centres sombres, ils ponctuent la marche des Grands Ancêtres et suggèrent la distance dans ces périples infinis des nomades d’hier, avec les risques de la soif toujours dangereuse et omniprésente.

Exposition d'art Aborigène "Empreintes Eternelles" avec Tjungu Palya

Vue de l'exposition d'art Aborigène "Empreintes Eternelles". © Photo Aboriginal Signature • Estrangin gallery, with the courtesy of the artists and Tjungu Palya Art.

Vue de l'exposition d'art Aborigène "Empreintes Eternelles". © Photo Aboriginal Signature • Estrangin gallery, with the courtesy of the artists and Tjungu Palya Art.

Empreinte des peuples nomades

La terre Australienne est comme une immense empreinte dessinée par des milliers de générations d’Aborigènes. A travers le temps ils ont modifié les paysages par les feux du bush pour "nettoyer" le pays. Par des graines transposées sur des milliers de kilomètres ils ont créé des oasis dans des endroits plus propices, sans pour autant devenir agriculteurs.

Depuis leur arrivée en Australie, ils ont cartographié la terre. Ils l'ont célébré dans toutes les directions en suivant les pistes chantées élaborées par les Grands Ancêtres du Temps du Rêve.

Deux peintures magistrales de l'artiste Aborigène Béryl Jimmy, Nyangatja Watarru. L'œuvre de gauche de 300 x 200 cm a été finaliste du NATSIAA Telstra Award 2016 au Musée National de Darwin. © Photo Aboriginal Signature • Estrangin gallery, with the courtesy of the artists and Tjungu Palya Arts.

Deux peintures magistrales de l'artiste Aborigène Béryl Jimmy, Nyangatja Watarru. L'œuvre de gauche de 300 x 200 cm a été finaliste du NATSIAA Telstra Award 2016 au Musée National de Darwin. © Photo Aboriginal Signature • Estrangin gallery, with the courtesy of the artists and Tjungu Palya Arts.

Un parfum d’éternité

Sur ces chemins, chaque bloc rocheux, chaque sinuosité a pris d'autres dimensions plus spirituelles et fait sens. Les scarifications de l'écorce terrestre portent la mémoire de leur peuple. Elles sont ponctuées et structurées par leurs histoires de la création connues comme le Dreaming Time.
Aujourd’hui les Aborigènes transposent sur les toiles les signes dessinés hier sur le sable, et assurent ainsi la pérennité d'un art plus éphémère. Leurs compositions élaborées célèbrent la terre et leurs mythes fondateurs, sans cesse conviés au présent, dans une dynamique et un parfum d’éternité.

L’exposition «Empreintes Eternelles» est unique en Europe par l’excellence des œuvres sélectionnées in situ au centre d’art de Tjungu Palya dans le APY land, avec les artistes.

Il s’agit d’un territoire désertique de 102 000 km2, habité par près de 2500 personnes dont 98% d’indigènes. Les artistes Aborigènes du APY land s’affirment ces dernières années comme le noyau artistique le plus dynamique d’Australie, régulièrement récompensé dans le cadre des prix les plus prestigieux de cette île-continent.

30 oeuvres d’art Aborigène majeures sont visibles et proposées à Bruxelles, dont certaines furent finalistes du NATSIAA - Telstra Award récompensant les plus grands artistes de ce mouvement artistique. Il ne faudra pas manquer ici à Bruxelles, l’œuvre magistrale de 3m sur 2 de l’artiste Aborigène Béryl Jimmy, exposée en 2016 pendant 3 mois au Musée National de Darwin en Australie.
L’énergie créatrice de cette petite dame du désert exprime avec fougue et puissance son savoir hérité des ancêtres et lié à l’importance de sa connexion au territoire. Les cheminements nomades des pistes chantées, apparaissent avec l’amplitude d’une comète traversant le ciel.

Des œuvres emblématiques de l’artiste acclamée Maringka Maker sont présentées à Bruxelles. Elles signent de façon remarquable le couronnement de sa carrière et tout l’accomplissement d’un parcours artistique exemplaire à travers deux peintures de deux mètres sur deux.
Avec des nuances extrêmement délicates des teintes, elle nous entraîne dans les profondeurs signifiantes des lieux sacrés dont elle garde la mémoire et qu’elle n’a pas manqué de transmettre à ses enfants à leur tour artistes.

Dans cette exposition deux œuvres anciennes des artistes importants Nellie Stewart et Tiger Palpatja de Tjungu Palya, ont également été conviées et soulignent une intéressante dichotomie au sein de cette communauté artistique.

D'un côté les artistes comme Teresa Baker, Keith Stevens, Bernard Tjalkuri, explorent avec une infini délicatesse toute la profondeur du territoire et des histoires sacrées associées, dans une myriade de points attentionnés posés sur la toile.

De l'autre côté, les artistes se munissent de brosse, et avec un geste large et énergique transposent les mouvements composés hier dans le sable dans un processus presque immuable de transmission des connaissances.

Le centre d’art de Tjungu Palya a été crée en 2006 à partir de 3 communautés Aborigènes. C’est le plus récent. Installés depuis toujours en ces lieux, les artistes Aborigènes, véritables vigies du territoire, entretiennent et chantent ces paysages signifiants par leurs peintures, telle une main tendue entre les générations passées et futures sur cette écorce terrestre corrodée et aride.

Plus d'info sur l'expo ici.

Utrecht : exposition d'art Aborigène à l'AAMU - Tracking memories

Tracking Memories. Cette nouvelle et dernière exposition du Musée d'art contemporain Aborigène d'Utrecht (AAMU) mérite le détour à plus d'un titre. Durant 16 ans de façon inclassable et inlassable, ce musée privé unique en Europe n'a cessé d'établir un dialogue, des passerelles, entre les artistes occidentaux et l'art Aborigène d'Australie.

Un jour, il y a 15 ans j'ouvrais la porte de cette institution après avoir flâné aux bords des canaux de la ville étudiante si vivante d'Utrecht. Quelle découverte !

Enfin j'étais confronté en direct avec des œuvres d'art Aborigène de haut niveau. Point celles destinées aux touristes, ou à une déco éphémère, mais bien ces peintures et sculptures qui ornent les cimaises aujourd'hui des plus grands musées du monde comme le British Museum, le MET à New-York, le MEG à Genève, le musée du Quai Branly à Paris pour n'en citer que quelques-uns.

Je ne compte pas le nombre de vocations de collectionneurs que suscita l'AAMU en Europe. Il fut d'ailleurs plus qu'un musée, pour s'affirmer comme une véritable ambassade culturelle, toute entièrement dédiée avec des fonds privés à défendre la culture Aborigène d'Australie et à l'élever au rang d'art majeur.

Je ne peux oublier de fantastiques expositions visitées depuis sa création :

- Opening Doors en 2006, avec les remarquables portes peintes en 1984 de l’école de Yuendumu

- Breaking with tradition : COBRA & Aboriginal Art en 2010, qui établissait un dialogue improbable vu les dates, et pourtant oh combien fertile entre le mouvement COBRA et l'art Aborigène du Kimberley.

- Be my Guest en 2012, où des artistes occidentaux choisissaient de faire dialoguer leurs œuvres avec une sculpture ou peinture d'art Aborigène sélectionnée par leurs soins.

- Brook Andrew : Them park en 2009, où l'artiste urbain Brook Andrew investit les lieux comme son atelier pour y créer des œuvres in situ absolument monumentales.

- d'autres plus polémiques comme BOMB en 2014 sur la colonisation, le racisme, avec un esprit provocateur mais également un subtile dosage humoristique qui ne fut pas compris par tous.

- The Laverty collection dans Heart and Soul en 2012, avec différents chefs d’œuvre de ce couple de collectionneur Australien légendaire, dont leurs deux ouvrages font référence en terme de démarche par l’acuité de leurs sélections et leur audace pour ne jamais céder à la facilité mais toujours rechercher l’œuvre qui interpelle.

- Sans oublier Show your colors en 2009 avec des œuvres somptueuses d’Emily Kame Kngwarreye et plusieurs œuvres de l’artiste Daniel Walbidi que j’avais eu l’occasion de prêter à nouveau au Musée.

Tout cela a été possible avec une équipe de bénévoles passionnés par le projet de l'AAMU et des permanents engagés, comme leur conservateur Georges Petitjean, reconnu pour sa vision transversale, son approche scientifique pointue, son exigence pour offrir au cœur de l’Europe des expositions interpellantes d’art Aborigène de haut niveau.

Avec tristesse, mi juin 2017, ce musée privé fermera ses portes. Une raison supplémentaire de ne manquer sous aucun prétexte leur dernière exposition : Tracking Memories. Plus que jamais cette exposition nous interrogera sur la mémoire collective à travers les continents Africain, Européens et Australiens, marquée par nos histoires croisées, la colonisation, et son influence qui perdurent aujourd’hui.

Pour une dernière fois, le musée convoque un dialogue improbable, fécond et profond entre des sculptures africaines, des peintures Aborigènes de la collection du musée et des œuvres occidentales comme celles de l'artiste Belge Danny Matthys

Plus d'info sur Tracking Memories ici.
AAMU
Museum of contemporary Aboriginal art
Oudegracht 176
3511 NP  Utrecht
The Netherlands
T +31 (0)30 2380100
E info@aamu.nl

 

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