Art Aborigene d'Australie - Aboriginal Signature gallery

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Voyages 2016 dans les territoires Aborigènes : épisode 2

Durant l'été 2016, la galerie se rendait dans l'outback Australien afin de sélectionner des œuvres et de préparer nos expositions futures en 2017.
A cette occasion, nous avons réalisé un reportage de notre périple, au cœur des territoires Aborigènes non accessibles au public.

Episode 2

Waterhole dans les territoires Aborigènes. © Photo: Aboriginal Signature Estrangin Fine Art

Première nuit dans les zones désertiques du APY land. Il fait -2•c. J'installe mon swag - spécialité australienne - sous la voûte étoilée. Le paysage est grandiose avec les buissons de Spinifex piquants comme des aiguilles. La nature est silencieuse au bord de ce petit torrent.

Quelques personnes ayant bivouaqué là auparavant, ont laissé des souvenirs. Je les ramasse et les brûle sur le feu pour rendre sa place à la nature.

Un bruit suspect m'alerte après un dîner autour d'un feu pour se réchauffer.
La lampe torche révèle deux yeux brillants sur une colline rocheuse. Après les avoir pris pour des étoiles je vois qu'ils bougent. Une bête m'observe pendant une bonne heure par intermittence. Je rajoute du bois sur le feu. Je suis seul. Elle me semble bien grande. Je suis vaguement rassuré pour la nuit.

Bivouac dans les zones désertiques du APY land. température : - 2°c.

La rencontre avec les artistes Aborigènes a été merveilleuse hier. Enfin je revois certains peintres Aborigènes dont j'ai défendu le travail ces deux dernières années et qui sont régulièrement primés en Australie et à l'international.

Nous leur montrons une carte avec les distances entre Bruxelles et l'Australie. Cela les impressionne beaucoup surtout quand ils voient leurs peintures dans les expositions. La galerie est située à 16 000 km d'ici, et à plus de 40 h de voyage au moins. Ils mesurent l'éloignement.

Ici des innovations sont en marche. L'artiste Robert Fielding de Mimili Maku, à la fois peintre et photographe, invente une nouvelle forme de dialogue entre ces médias. Il est en train de réaliser un triptyque avec des photos d'arbre de 2m de haut, chacune tirée sur un papier épais : la structure familiale avec le père, la mère et l'enfant, suggéré par la sculpture naturelle des branches. Il utilise un fer à souder pour brûler le papier et appliquer un pointillisme dans l'absence. C'est assez génial. Je suis impatient de montrer cela à la galerie.

Les buissons de Spinifex dans le APY land. © Photo: Aboriginal Signature Estrangin Fine Art

En montant sur une montagne ce matin, près d'Ernabella, je rencontre à nouveau une ranger avec sa famille en visite. Le lieu est unique. J'y suis arrivé par hasard. Les seuls indications étaient une pancarte pas incitante avec Poison écrit dessus. Pas le parfum, mais sans doute des zones pour tuer les renards qui déciment les petits marsupiaux Wallabies.

Des rockholes retiennent l'eau dans de multiples bassins au fil de la cascade. Les Eucalyptus avec leur tronc blanc, tranchent avec les pierres rouges. Sur 200 mètres de dénivelé, nous parcourons ces différents trous d'eau successifs. C'est magnifique. Une symphonie s'élève dans le ciel, composée par les clapotis de l'eau et les ponctuations stridentes des perroquets blancs.

Ce soir je suis invité chez la art center manager d'Ernabella. Il fait chaud chez eux et de superbes peintures de Papunya Tula sont au mur. Elle a travaillé deux ans là-bas.
Nous parlons art bien entendu, des enjeux de ce mouvement artistique, des artistes sous les feux de la rampe... et j'apprends l'attaque à Nice. Quelle tristesse à nouveau.

Blocs rocheux érodés depuis 500 millions d'années, dans les territoires Aborigènes © Photo: Aboriginal Signature Estrangin Fine Art