"The Sacred Mountain Illuminated"
Les étoffes d'écorce des artistes Ömie de Papua New Guinea

La galerie Aboriginal Signature est honorée de présenter la première exposition en Belgique, des femmes Ömies de Papouasie Nouvelle Guinée. Artistes célébrées internationalement, elles viennent de la région de l'Oro, un territoire éloigné qui rassemble de petits villages coiffés par le volcan sacré Huvaimo (1680 m). Leur culture préservée est parvenue jusqu'à nous grâce à leurs étoffes d'écorce, ornées des motifs traditionnels et des symboles des tatouages utilisés lors des cérémonies. 

Dans l'exposition "Sacred Mountain Illuminated", 34 œuvres exceptionnelles en étoffes d'écorce ou tapa, ont été réalisées par 24 artistes femmes Ömies sur ces 5 dernières années. Toutes artistes de premier plan, elles sont également duvahe (chefs), ou seniors au sein de la communauté. Nées entre 1919 et 1987. de mère en fille, ces femmes portent haut la mémoire de leur peuple, et révèlent à travers les tapas, toute la résonance spirituelle de leur montagne sacrée. Leurs signes y expriment avec subtilité et fluidité les tatouages corporels et les mythes liés aux lieux de création. Dans une complexe intimité avec leurs lieux traditionnels, elles y célèbrent leur identité et la transmission des connaissances.

Vernissage le mardi 20 septembre à partir de 20h.
Exposition ensuite du 21 septembre au 22 octobre 2016, du mercredi au samedi de 14h30 à 19h. A d'autres moments sur simple RDV.
101 rue Jules Besme, 1081 Bruxelles. 

A gauche : étoffes d'écorce de l'artiste Jessie Bujava. Au fond à gauche, une œuvre de Jessie-Rose Evovo. Au fond au milieu : deux tapas de l'artiste Dapeni Jonevari.  © Photo : Aboriginal Signature • Estrangin Fine art gallery.

A gauche : étoffes d'écorce de l'artiste Jessie Bujava. Au fond à gauche, une œuvre de Jessie-Rose Evovo. Au fond au milieu : deux tapas de l'artiste Dapeni Jonevari. 
© Photo : Aboriginal Signature • Estrangin Fine art gallery.

Rôle des missionaires dans la préservation involontaire de la culture ömie

Dés le début des années 1900, les missionnaires vont tenter de convertir les Ömies à la religion chrétienne tout en interdisant leurs anciennes pratiques. Ces tentatives seront plus ou moins fructueuses en raison de l'éloignement des villages. Dans certaines communautés les pratiques des étoffes d'écorces peintes disparaitront, avec des évènements tristes où tous les barkclothes seront brûlés par les missionnaires, mais dans d'autres villages elles pourront persister grâce à l'éloignement. 

L'interdiction additionnelle par les missionnaires des tatouages sur les peaux des hommes Ömies, conduisit ceux-ci à les appliquer sur les barkclothes là où cela était encore possible, afin de garder la mémoire et de préserver néanmoins leurs rites. Le rôle des missionnaires fut ainsi paradoxal avec un rôle ambigüe entre interdiction et préservation involontaire par endroit.

Différentes étoffes des Ömies présentées à Bruxelles reprennent ces tatouages traditionnels, soulignés avec les pigments naturels sur ces tapas.

Vue de la salle "imprimerie" lors de l'exposition des artistes Ömies de Papouasie Nouvelle Guinée. © photo : Aboriginal Signature gallery.

Vue de la salle "imprimerie" lors de l'exposition des artistes Ömies de Papouasie Nouvelle Guinée. © photo : Aboriginal Signature gallery.

L'Eruption volcanique comme terreau fertile d'un mouvement artistique

En 1951 l'éruption du Mont Huvaimo, leur montagne sacrée, va décimer une partie de la population voisine des Orokaivan (3000 morts). Les panaches de fumée ont détruit la grande majorité des villages Ömies, mais la plupart du peuple Ömie a échappé à la catastrophe en se réfugiant dans la vallée de Gora, où de nombreux artistes vivent aujourd'hui. 

L'éruption de l'Huvaimo a été particulièrement important pour la préservation de la culture et de l'art Ömie, car le volcan est l'endroit où les esprits des Ancêtres résident encore aujourd'hui. L'éruption a été perçue par les Chefs Warrimou et Nogi du village de Sidonejo, comme une manifestation explicite que les Ancêtres étaient en colère contre l'incursion des missionnaires dans la culture Ömie. Cela a conduit à une période de préservation de la culture et à une dynamique d'expression en peinture sur les tapa, transférant ainsi les tatouages rituels d'initiation des hommes sur les étoffes d'écorce.

Vue de la montagne sacrée - le volcan du Mont Huvaimo © Photo : with the courtesy of Ömie artists

Vue de la montagne sacrée - le volcan du Mont Huvaimo © Photo : with the courtesy of Ömie artists

SURVIVANCE de la culture ancestrale Ömie

Les Ömies de Papouasie Nouvelle Guinée ont toujours peints sur les étoffes d'écorce. Cependant en raison du climat et des incursions des missionnaires, de très rares exemplaires des tapas des années 1950 sont parvenus jusqu'à nous. Ils figurent dans les collections publiques du Musée de Nouvelle Zélande ou celui de l'University of Anthropology Museum, University of Queensland, à Brisbane en Australie.
Identifiés sous le terme générique de tapa de Papouasie Nouvelle Guinée au départ, ces premières œuvres ont été récemment attribués aux Ömies, grâce à l'aide des artistes et des communautés.

Pour les artistes Ömies ont a souvent parlé d'un esprit Papunya, par la révélation comparable de leurs signes ancestraux préservés jusqu'à nous, par l'entremise chez les Aborigènes de toiles peintes avec de l'acrylique, et ici par des représentations en pigments naturels apposées sur le support traditionnel des étoffes d'écorce.

Comme à Papunya tout cela s'est joué à un fil. L'immersion d'une autre culture aurait pu faire totalement disparaître ces anciennes civilisations. L'interruption de certaines pratiques comme les tatouages, l'invitation à transposer sur d'autres supports les signes ancestraux, vont conduire à la perpétuation du savoir grâce à une dynamique artistique extrêmement importante pour les communautés actuelles, chaque œuvre étant comme un livre ouvert partagé avec les générations à venir.

De gauche à droite : une barkclothe de l'artiste Ilma Savari, puis deux autres de l'artiste Sarah Ugibari. A droite : deux étoffes d'écorce de l'artiste Brenda Kensi. © Photo : Aboriginal Signature • Estrangin Fine art gallery.

De gauche à droite : une barkclothe de l'artiste Ilma Savari, puis deux autres de l'artiste Sarah Ugibari. A droite : deux étoffes d'écorce de l'artiste Brenda Kensi. © Photo : Aboriginal Signature • Estrangin Fine art gallery.

Une Culture honorée au niveau international

La réalisation des œuvres est accompagnée par des chants harmonieux des temps les plus anciens et célèbrent en écho la puissance magique de fécondité des femmes.

Leurs histoires anciennes et chants sacrés sont transmis de génération en génération comme une part intégrante de la création des étoffes d'écorce Ömies. Leur art contemporain devient un vecteur de mémoire précieux et honore leur culture à travers la finesse des signes partagés sur des matériaux organiques.

Depuis leur première exposition en 2006 à Sydney, les artistes femmes Ömies sont célébrés au niveau international par de nombreuses institutions comme la National Gallery of Victoria qui organisait en 2009 : "Wisdom of the Mountain: Art of the Omie", ou sont entrées dans les collections prestigieuses du British Museum, du Museum of Archaeology and Anthropology (University of Cambridge), la National Gallery of Australia (Canberra), le Museum Fünf Kontinente (Munich), le Fowler Museum at UCLA (Los Angeles) et dans figurent dans quelques collections privées.

 

 

Peintures des artistes Ömie de Papouasie Nouvelle Guinée, présentées dans l'exposition :
Pour disposer d'une vue complète des œuvres, nous vous invitons à cliquer sur les photos ci-dessous.

A gauche : une barkclothe de l'artiste Aspasia Gadai. Au fond : une étoffe d'écorce de l'artiste Dapeni Jonevari. Sur le côté gauche au fond, une œuvre de l'artiste Sarah Ugibari. A droite au milieu : œuvre de Penny-Rose Sosa. Sur les côtés gauche et droit, deux étoffes d'écorce de Dapeni Jonevari. © Photo : Aboriginal Signature • Estrangin Fine art gallery.  

A gauche : une barkclothe de l'artiste Aspasia Gadai. Au fond : une étoffe d'écorce de l'artiste Dapeni Jonevari. Sur le côté gauche au fond, une œuvre de l'artiste Sarah Ugibari. A droite au milieu : œuvre de Penny-Rose Sosa. Sur les côtés gauche et droit, deux étoffes d'écorce de Dapeni Jonevari. © Photo : Aboriginal Signature • Estrangin Fine art gallery.

 

En savoir plus sur les artistes Ömies :

    - Wisdom of the Mountain
    - Creation story
    - Volcano song

 


 

 

L'exposition "The Sacred Mountain Illuminated" est organisée en partenariat avec les Ömie artistes de Papua New Guinea. 

 

 

Les Ömie Artists ont été également sponsorisés par Pacific Islands Forum Secretariat et le Pacific Islands Trade & Invest, pour cette exposition.

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