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Who's who : Bertrand Estrangin, directeur de la galerie Aboriginal Signature

Aventurier, collectionneur, Innovateur et galeriste atypique...

Durant son adolescence, Bertrand fut berçé par les histoires de ses ancêtres, parfumeurs à Grasse et en Russie, et grands collectionneurs d’art à Moscou. Leur collection fut nationalisée en 1917, et culmina avec plus de 10 000 œuvres dont une partie fut exposée sur les deux étages du Goum sur la Place Rouge avant 1900, puis dernièrement au Musée Pouchkine en 2009. Aujourd’hui l’ancienne collection de son ancêtre Henri Brocard (1838 – 1900) est partagée entre le Musée des beaux Arts de Moscou, la Tretyakov Gallery et le Musée de l’Hermitage.

De l'autre côté de sa famille, on lui parla avec intensité de ses ancêtres artistes comme les architectes Baltard,  qui marquèrent Paris du temps d'Haussmann. Victor bâtit les Grandes Halles éponyme au cœur de la capitale, véritable ventre de la ville célébré par Zola, puis détruites par Pompidou en 1971, l'année de sa naissance. Louis-Pierre Baltard fut le premier professeur d'architecture en 1796 de la toute nouvelle école Polytechnique. Il finira le Panthéon à Paris, livrera l'incroyable Palais de Justice de Lyon sur la Saöne, et tutoiera à un haut niveau d'autres passions comme ses eaux fortes dans l'ouvrage du Voyage dans la Basse et Haute-Égypte pendant les campagnes du général Bonaparte par Vivant Denon en 1802.

Avant les années 2000, voyageur infatigable, Bertrand va arpenter pendant 10 ans les différentes régions des déserts du Sahara et du Moyen-Orient à la recherche des origines. Fouler le sol de la tour de Babel, de Ninive, déambuler dans les vestiges de l’ancienne Ctésiphon ou de Mari, tutoyer les sources du Tigre et de l’Euphrate dans le Kurdistan, s’envoler pour les hauts plateaux du Yémen, le marqueront à jamais. Au sein de différentes associations il montera des projets avec des amis anciens scouts pour aider les peuples de Syrie, du Liban, d’Irak…

Naissance d’une passion pour l’art Aborigène d’Australie

Dans le Sahara algérien dominé par le Tassili N’ajjer, il est particulièrement touché par les peintures rupestres des lieux, qu’il retrouve plus tard dans les déserts de Mauritanie, de Libye et du Niger. Leur art l’intrigue, et le captive par la subtilité des représentations et symboles d’une humanité nomade en disparition.

Les recherches menées par les Bégouën (amis de sa grand-mère) pour interpréter les œuvres rupestres de la grotte des Trois-Frères dont ils sont les inventeurs, l'impressionnent par la part de mystère que celles-ci recèlent. Le chainon avec ces premiers hommes est souvent rompu et la compréhension de ces premières expressions artistiques laisse souvent la place aux interprétations.

Interpellé par l’art des Aborigènes d’Australie depuis quelques temps, il va enfin le découvrir face à face au Musée d’Utrecht en Hollande il y a 15 ans. Cette confrontation sera une révélation. Ce chainon fragile avec les premiers hommes n'est pas rompu dans les grands déserts de l'outback. Bien que mis en péril en Australie dans l’histoire récente, leur culture est cependant parvenue jusqu’à nous avec la densité d’un savoir millénaire. A Utrecht, il est subjugué par ces œuvres qui témoignent de leurs histoires sacrées de la nuit des temps, avec une troublante audace et résonance.

Un ADN de collectionneur

Saisi par le virus familial, c'est décidé ! Bertrand deviendra collectionneur d’art Aborigène d’Australie, sur le chemin de ces derniers nomades.

Durant 15 ans il recherchera des œuvres interpellantes, qui résonnent au rythme des pulsations des cohortes de milliers de générations. Au fil des années, il rassemblera en fonction des opportunités, autour de 120 œuvres à la fois du nord au sud de l’Australie. Celles-ci seront régulièrement prêtées à des institutions en Europe comme au Musée d’art Aborigène d’Utrecht (AAMU), au Musée d’Aquitaine à Bordeaux, à l’Abbaye de Daoulas à Brest, au Musée Océanographique de Monaco…

Au delà de la transposition de signes anciens sur de nouveaux supports, il va s’intéresser au talent remarquable des artistes pour conjuguer ancestralité et innovation dans une dialectique contemporaine signifiante et intrigante.

Il retrouve là les dynamiques d'innovation dont il avait la charge au sein du Groupe industriel Solvay, dans les différentes fonctions corporate qu'il occupa pendant 18 ans. Il y sera passionné par la capacité à introduire des ruptures fondamentales avec les équipes dans des processus ou démarches industrielles. Cette porosité avec son futur métier de galeriste l'invitera à être sensible aux mêmes approches chez les artistes Aborigènes, qui développent leur individualité, introduisent des ruptures de continuité au service d'une mémoire millénaire.

Naissance de la galerie Aboriginal Signature Estrangin

Il y a 4 ans il fonde à Bruxelles la galerie Aboriginal Signature dédiée à cet art des antipodes, dans la capitale de l'Europe, sa ville d'adoption. Il s'y attache à souligner l’amplitude et la diversité de ce mouvement d’art Aborigène contemporain, avec autour de 10 expositions curatoriales organisées par an. Cette dynamique est assez unique dans cette partie du monde.

Chaque année il parcourt en 4x4 les zones les plus éloignées d'Australie, à la rencontre des artistes, pour préparer les programmes d’expositions et sélectionner in situ les œuvres. Comme hier au Sahara, il a sillonné aux antipodes plus de 18 000 km de pistes de sable et de terre rouge à travers de nombreux déserts Australiens.

Cette rencontre avec les artistes, comme la compréhension des territoires est essentielle dans sa démarche de directeur de galerie, pour offrir des œuvres essentielles et connectées à leur terre ancestrale.

Lors de chaque exposition à Bruxelles, Bertrand vous accueille personnellement au sein de la galerie pour vous conseiller et vous accompagner dans un voyage à travers le temps, au cœur de la créativité et de l’invention humaine, comme de la mémoire continue du plus ancien peuple de la planète.

 
 
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