Glossaire sur l'art Aborigène

 

Le vocabulaire utilisé dans les titres ou descriptions des œuvres Aborigènes n'est pas toujours facile d'accès. Vous trouverez ici quelques clefs pour mieux comprendre ces mots importants des différentes langues des indigènes d'Australie ou des sites évoqués sur les pages du site de la galerie.

Anangu

Signifie « être humain », ce mot est commun à plusieurs langues pama-nyungan, une famille linguistique aborigène des déserts dans l'ouest et le centre de l’Australie. Il est principalement utilisé aujoud'hui par l’ensemble des Aborigènes de ces régions pour se désigner par rapport aux non-autochtones. Plus d'information sur Wikipedia.

APY

Acronyme d’Anangu Pitjantjatjara Yankunytjatjara. C’est une zone d'administration locale aborigène située à l'extrémité nord-ouest de l'Australie-Méridionale. Ce conseil a été créé en 1981 par l'adoption du APY Land Rights Act par le Parlement d'Australie-Méridionale attribuant la région aux tribus locales : les Pitjantjatjara, les Yankunytjatjara et les Ngaanyatjarra ou Anangu.
La région, d’une superficie de 102.650 km², abrite une population d’environ 2.500 individus. Son économie repose sur le tourisme. La région possède des réserves minérales et pétrolières importantes qui ne sont pas exploitées. Toutes les maisons disposent du téléphone, télévision, internet, et le courrier est distribué par avion deux fois par semaine à partir d'Alice Springs. Une sorte de taxi collectif principalement utilisé par les Aborigènes relie les sites entre eux et permet aux familles de se déplacer plus facilement.

Barramundi

Ce poisson (Lates calcarifer) est proche de la perche. On le trouve sur toutes les côtes et les cours d'eau adjacents du sud du continent asiatique et sur les côtes australiennes au nord du tropique du Capricorne. Barramundi est un nom aborigène de la région de Rockhampton dans le Queensland, signifiant poisson aux grandes écailles. Ce poisson emblématique est vénéré dans tout le pays. Il est également représenté dans de nombreuses œuvres d'art autochtones comme dans les centres d'art de Warmun et de Mangkaja.

© Photo : Aboriginal Signature. Les écailles du poisson barramundi représentées par l'artiste Lena Nyadbi du centre d'art de Warmun. With the courtesy of the artist and the art centre.

© Photo : Aboriginal Signature. Les écailles du poisson barramundi représentées par l'artiste Lena Nyadbi du centre d'art de Warmun. With the courtesy of the artist and the art centre.

Billabong

Type d'étendue d'eau constitué d'un méandre mort qui se forme généralement quand le cours d'une rivière change. Cet hydronyme est typiquement australien. C'est un point d'eau qui ne s'assèche jamais et toute la vie animale se regroupe autour des billabongs en saison sèche pour survivre dans un climat difficile. On y trouve de multiples oiseaux y compris migrateurs, les kangourous viennent brouter les herbes généreuses autour de cet espace humides.

© Photo : Aboriginal Signature. Billagong dans le parc du Kakadu.

© Photo : Aboriginal Signature. Billagong dans le parc du Kakadu.

Bush

Arrière-pays peu habité, qui occupe environ 800.000 km2, répartis en deux grandes écorégions de type forêts, bois et broussailles méditerranéens : les forêts, bois et broussailles du sud-ouest australien ; les mallees (arbres ou arbustes qui poussent en émettant de nombreuses tiges à partir du sol) et bois du sud australien. La formation végétale est clairsemée et organisée en deux strates, une strate arbustive de type sclérophylle (à feuilles dures) et/ou épineuse et une strate sous-arbustive représentée par des broussailles se développant en climat méditerranéen. En plus d'une végétation éparse, le bush est caractérisé par une faible densité animale.

Bush Fire / Feu de brousse

Le feu joue un rôle vital dans la vie des peuples aborigènes du désert australien. Le contrôle des incendies permet de régénérer la flore du désert, ce qui augmente le nombre d’espèces végétales comestibles et permet d'attirer le gibier qui se nourrit des pousses. Le feu est également utilisé pour envoyer des signaux à d'autres peuples aborigènes. Il faisait parfois office d'outil de combat en temps de guerre. Leurs techniques de brulis ont sans doute profondément modelé les paysages, permettant la régénération des plantes, évitant des incendies majeurs par un brulis régulier se concentrant sur les plantes basses. Les Aborigènes parlent à ce sujet de "cleaning country".

© Photo : Aboriginal Signature. Bush Fire dans la région du Kimberley.

© Photo : Aboriginal Signature. Bush Fire dans la région du Kimberley.

Claypan

Couche du sous-sol, dense et compacte, qui laisse lentement percoler l’eau, et ayant une teneur en argile beaucoup plus élevée que le matériau de recouvrement, dont il est séparé par une limite bien définie. Les claypans sont généralement durs lorsqu'il fait sec, malléables et collants quand ils sont mouillés. Ils limitent ou ralentissent le transit de l'eau à travers le sol.

Coolamon

Récipient aborigène qui peut avoir diverses utilisations : collecte de la nourriture, récipient pour boire de l'eau filtrée par les herbes du Spinifex, etc. Il mesure 30 à 70 cm de long et a une forme similaire à celle d'un canoë. Les coolamons sont traditionnellement utilisés par les femmes aborigènes pour transporter de l'eau, des fruits, des noix ou encore comme berceau pour les bébés. Le coolamon se transportait sur la tête, ou sur le bras quand il servait de berceau. Il était fabriqué à partir de bois, de possum, de cheveux humains tressés ou de plumes.

Fire-stick burning

Cela décrit la pratique des Aborigènes qui utilisaient régulièrement le feu pour brûler la végétation afin de faciliter la chasse et modifier la composition des espèces végétales et animales dans une région. Cette pratique a eu pour effet à long terme de transformer la forêt en savane sèche, augmentant ainsi la population des espèces herbivores non spécialisées comme le kangourou. Une théorie de l'extinction de la mégafaune australienne met en cause la perturbation écologique provoquée par l’écobuage. Ce type "d'agriculture" a aussi directement augmenté la quantité de nourriture disponible pour les Aborigènes, en favorisant la croissance des pommes de terre de brousse et autres plantes basses comestibles. La nature et les paysages qui semblent ainsi sauvages, ont en réalité été modelés par la main de l'homme depuis 65 000 ans.

Jukurrpa ou Tjukurrpa

Mot aborigène utilisé par le peuple Warlpiri et d’autres groupes linguistiques d'Australie centrale (« Tjukurrpa » en Pitjantjatjara). Il signifie «Temps du Rêve». Jukurrpa concerne la période de création où les Grands Ancêtres ont créé le monde tel qu'il est actuellement ; les relations entre les personnes, les plantes, les animaux et les caractéristiques physiques du territoire ; la connaissance de la façon dont ces relations sont apparues, ce qu'elles signifient et comment elles doivent être maintenues dans la vie quotidienne et lors des cérémonies.

Kampurarrpa

Tomate ou raisin de brousse, Solanum centrale, plante de la famille des Solanacées originaire des régions les plus arides de l'Australie. Elle a été longtemps une source alimentaire pour les aborigènes du centre du pays. Comme beaucoup de plantes de cette famille, c'est un petit buisson épineux. Il a une croissance rapide et une bonne fructification après un incendie ou de bonnes pluies. Les fruits, riches en vitamine C, mesurent 1 à 3 centimètres de diamètre et sont jaunes à maturité. Ils sèchent sur la plante et ressemblent à des raisins secs. Les fruits ont un goût fort, âcre de tamarillo et de caramel qui les rend très appréciés des amateurs de sauces et condiments. (voir aussi « Kutjuta » et « Tomate de brousse »). Kampurarrpa est également le nom donné à un endroit important où un groupe de femmes a campé et a accompli des cérémonies au Temps du Rêve.

Karlangu

Mot aborigène utilisé par certains peuples autochtones et certains groupes linguistiques d’Australie centrale. Il signifie « bâton à fouir ». D’autres groupes linguistiques utilisent les termes « Kuturu » ou « Wana ».

Kimberley

Une des neuf régions d'Australie Occidentale, et la plus septentrionale de cet État. Le Kimberley couvre une superficie de 424.517 km2 et compte 38.000 habitants. Seules trois villes dépassent 2.000 habitants : Broome, Derby et Kununurra. Plus de la moitié de la population est d'origine aborigène. C'est la région la moins peuplée du pays. La nature y a conservé sa pureté originelle (paysage de savane et de baobabs). Le climat est tropical avec mousson. Pendant la saison des pluies, la région reçoit 90 % de ses précipitations avec passage de cyclones surtout sur la région de Broome.

Kipara

Outarde d’Australie (Ardeotis australis) : grand oiseau terrestre des prairies, des régions boisées et des paysages agricoles ouverts qui s’étendent sur le nord de l'Australie et le sud de la Nouvelle-Guinée. Elle est communément appelée Bush Turkey en Australie centrale, en particulier par les peuples aborigènes, bien que ce nom puisse également être utilisé pour désigner le Talégalle de Latham (Alectura lathami), ainsi que le Mégapode de Reinwardt (Megapodius reinwardt).

Kutjuta

Mot aborigène utilisé par le peuple Anmatyerre du centre de l'Australie pour désigner les tomates de brousse. Ces plantes sont de petits arbustes à croissance rapide, qui produisent des fruits en abondance l'année qui suit un incendie ou de bonnes pluies. Les fruits ont été utilisés comme source de nourriture par les peuples aborigènes depuis des milliers d'années. Les tomates de brousse ont une saveur très forte et elles  exhalent leur odeur aussi bien mûres que fraîches, de sorte que l'on peut réellement sentir d'assez loin un spécimen bien pourvu en fruits. (voir aussi « Kampurarrpa » et « Tomate de brousse »).

© Photo : Aboriginal Signature. Tomates du bush.

© Photo : Aboriginal Signature. Tomates du bush.

Maku

Le ver witchetty. Terme utilisé en Australie pour désigner les grandes larves blanches et xylophages de plusieurs papillons de nuit. Il s’applique en particulier aux chenilles d’Endoxyla leucomochla, qui se nourrissent de la sève des racines de l’acacia witchetty (Acacia kempeana) et du cooba (Acacia ligulata), que l’on trouve dans le centre de l'Australie. La chenille atteint une longueur d'environ 7 cm avant de se transformer en pupe. Le terme peut également s’appliquer aux larves d'autres papillons (Cossidae et Hepialidae) et de longicornes (Cerambycidae). Le terme est utilisé principalement lorsque les larves sont considérées comme de la nourriture. Cette chenille a toujours été un aliment de base dans l'alimentation des Aborigènes.

Ngalyipi

Terme aborigène pour désigner la liane-serpent, Tinospora smilacina, qui était largement utilisée par les peuples aborigènes d’Australie centrale et septentrionale. Elle a de nombreux usages traditionnels - notamment pour sa fibre (par exemple pour les ficelles et comme sangle pour tenir les coolamons ou les parrajas, des récipients pour aliments), comme médecine de brousse, et dans les cérémonies. Judy Watson Napangardi, une artiste Warlpiri de premier plan, ainsi que d'autres artistes de Yuendumu, représente les ngalyipi dans ses œuvres.

Ngangkari

Guérisseurs Aborigènes traditionnels des APY Lands, ce qui englobe 350.000 km² du désert occidental. Pendant des milliers d'années, les ngangkari ont nourri le bien-être physique, affectif et social de leurs peuples. Pour augmenter la bonne entente et encourager la collaboration avec les services de santé, les ngangkari ont établi un partenariat rare avec les professionnels de la santé et les praticiens de la médecine occidentale.

Nom de peau / Skin name

Nom attribué à la naissance aux Aborigènes selon des règles complexes, et ne résultant donc pas d’un choix des parents ni d’une autre personne. Les noms de peau déterminent la place de l'individu dans le réseau de relations sociales. Ils constituent un système complexe qui régit à la fois les mariages et les responsabilités individuelles des Rêves.

Chez les Warlpiri, il existe 8 noms de peau : upurrula, apangardi, angala, apaljarri, ampitjinpa, apanangka, akamarra et ungarrayi. Pour les femmes, le nom de peau commence par un "N" alors que pour les hommes, il doit commencer par "Tj", ce qui donne respectivement : Nupurrula et Tjupurrula, Napangardi et Tjapangardi, etc.

Nullarbor

La plaine de Nullarbor est une vaste région d'Australie, plate, presque sans arbre, aride ou semi-aride, qui se trouve immédiatement au nord de la grande baie australienne. Le terme de « Nullarbor » est formé sur les mots latins nullus, « nul », et arbor, « arbre ». Les Aborigènes ont donné à cette région le nom de Oondiri qui signifie « sans eau ». C'est le plus grand ensemble au monde de calcaire d'un seul tenant ; il occupe une superficie d'environ 200 000 km². Dans sa plus grande largeur, la plaine s'étend sur environ 1 200 km d'est en ouest entre l'Australie-Méridionale et l'Australie-Occidentale.

Nyimparra

Mot aborigène utilisé par le peuple Pintupi pour désigner les jupes tressées en cheveux, qui sont portées à des fins cérémonielles. Des artistes aborigènes ont utilisé des motifs en arcs de cercle pour représenter les Nyimparra dans leurs œuvres.

Oignon de brousse / Irriakura, nalgoo ou yelka

Cyperus bulbosus est une espèce de carex. En Australie, on l’appelle communément « oignon de brousse » ou « oignon sauvage », mais il n’est pas apparenté à l'oignon ou à d'autres alliacées. En Australie, il constitue une composante de la nourriture de brousse, mais dans d'autres régions, il est considéré comme une mauvaise herbe des cultures. C’est une plante vivace à rhizome, au délicat feuillage herbacé. Les petits tubercules qui se forment sur les stolons courts sont un aliment de brousse traditionnel pour les Aborigènes. Ils les déterrent sur les rives des ruisseaux quand le feuillage a séché. Ils sont consommés crus, ou cuits sous la cendre chaude. Irriakura, nalgoo ou yelka sont quelques-uns des termes utilisés par les Aborigènes pour désigner l’oignon de brousse.

Outback

Arrière-pays généralement semi-aride de l’Australie, situé au-delà du bush. Grand comme les deux tiers de l’Europe, Il n’est pas très peuplé : un peu plus d’un million d’habitants, soit environ 10 % de la population du pays. Avec l’agriculture et le tourisme, l’exploitation minière est la principale activité économique de cette vaste région.

Outstation

Historiquement, ce terme désignait une ferme secondaire ou une autre demeure, établie sur les terres d’une station d’élevage de moutons ou de bovins, qui était assez étendue pour nécessiter plus d'une journée de route entre les différentes parties de la propriété.

Cependant, depuis le mouvement d’Outstation des années 1970 et 1980, le terme se réfère plus communément à de petites colonies d’Aborigènes réinstallés sur leurs terres traditionnelles.
Ces colonies sont constituées généralement d’Aborigènes ayant des liens étroits de parenté, et sont situées sur des terres qui sont importantes pour eux pour des raisons culturelles.

Perentie / Ngintaka

Mot utilisé par les Aborigènes Pitjantjatjara pour désigner un varan Perentie géant, qui dans la mythologie aborigène de la genèse était un Grand Ancêtre du Temps du Rêve.

Le varan Perenti, Varanus giganteus, est une espèce endémique d'Australie. Il peut atteindre 2,5 m de long, mais sa longueur moyenne est de 1,75 à 2 m. C'est le quatrième plus grand varan au monde et le plus grand varan d'Australie. Le varan Perenti est difficile à voir et à trouver et s'enfuit avant d'être aperçu. Il constituait un mets favori des Aborigènes. Sa graisse était utilisée pour ses propriétés médicinales ainsi que dans les cérémonies coutumières.

Ce varan peut se déplacer très rapidement en courant soit sur ses quatre pattes, soit ses deux pattes arrière. Comme la plupart des autres varans, c'est un animal venimeux. Il se nourrit d'insectes, de reptiles - y compris ses congénères -, d'oiseaux, de petits mammifères et de charognes. (voir « Ngintaka »).

© Photo : Aboriginal Signature. Goanna - varan.

© Photo : Aboriginal Signature. Goanna - varan.

Pintupi

Ethnie aborigène qui fait partie du groupe culturel du désert occidental et dont la patrie s’étend à l’ouest des lacs MacDonald et Mackay, en Australie-Occidentale. Ce peuple a rejoint les communautés autochtones de Papunya et Haasts Bluff (Ikuntji), dans l'ouest du Territoire du Nord, au cours des années 1940 à 1980. Les derniers Pintupi à avoir abandonné leur mode de vie traditionnel dans le désert, en 1984, sont un groupe connu sous le nom de « Pintupi Nine ». (voir ce terme)

Au cours des dernières décennies, des groupes de Pintupi sont retournés vivre dans leur territoire traditionnel, dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler le mouvement d’outstation. Ces groupes ont créé les communautés de Kintore (Walungurru en Pintupi) dans le Territoire du Nord, Kiwirrkura et Jupiter Well (Puntutjarrpa en Pintupi) en Australie-Occidentale. Récemment, il y a aussi eu une augmentation spectaculaire des populations Pintupi et des locuteurs de cette langue.

Pintupi Nine

Groupe de neuf individus Aborigènes Pintupi qui ont mené une vie traditionnelle de chasseurs-cueilleurs dans le désert de Gibson jusqu'en 1984, quand ils ont pris contact avec leurs proches près de Kiwirrkurra. On les a aussi parfois appelés « la tribu perdue ». Le groupe a été salué comme « les derniers nomades » dans la presse internationale. Ils furent presque les derniers nomades car en 1986 une autre tribu associée au Spinifex Art project était la dernière à quitter le désert.

Le groupe se déplaçait d’un point d'eau à l’autre, dans les environs du lac Mackay, près de la limite entre l'Australie-Occidentale et le Territoire du Nord. Ils étaient nus, à l’exception de leurs ceintures de cheveux tressés et étaient armés de lances en bois de 2 m de long avec propulseurs, et des boomerangs finement sculptés. Leur régime alimentaire se composait principalement de varans et de lapins, ainsi que de plantes de brousse. Ce groupe formait une famille, composée de deux co-épouses (Nanyanu et Papalanyanu) et sept enfants. Il y avait quatre frères (Warlimpirrnga, Walala, Tamlik et Yari Yari) et trois sœurs (Yardi, Yikultji et Tjakaraia). Les garçons et les filles étaient tous adolescents, bien que leurs âges exacts ne soient pas connus ; les mères étaient à la fin de la trentaine.

Le père - le mari des deux femmes - étant mort, le groupe mit le cap au sud, vers l'endroit où ils pensaient que leurs proches pourraient se trouver, car ils avaient vu « de la fumée » dans cette direction. Ils rencontrèrent un homme de Kiwirrkura, mais suite à un malentendu ils s’enfuirent vers le nord, tandis que l’homme retournait à la communauté et alertait les autres qui repartirent avec lui pour retrouver le groupe. Les membres de la communauté comprirent vite que le groupe était composé de proches qui avaient été laissés dans le désert vingt ans plus tôt, quand beaucoup avaient rejoint les missions plus proches d’Alice Springs. Les membres de la communauté roulèrent en véhicule jusqu’à l'endroit où le groupe avait été vu la dernière fois, puis les suivirent pendant un certain temps avant de les trouver. Après avoir pris contact et déterminé leurs liens de parenté, les neuf Pintupi furent invités à venir vivre à Kiwirrkura, où la plupart d'entre eux résident encore.

Les pisteurs parlant Pintupi leur dirent qu'il y avait beaucoup de nourriture, et de l'eau qui sortait de tuyaux ; Yardi dit que cette idée lesavait bouleversés. L'examen médical a révélé que le clan Tjapaltjarri (ainsi qu’ils sont aussi appelés) étaient « en bonne condition. Pas une once de graisse, bien proportionnés, forts, en forme, en bonne santé ». À Kiwirrkurra, près de Kintore, ils rencontrèrent d'autres membres de leur famille élargie.

En 1986, Yari Yari retourna dans le désert. Warlimpirrnga, Walala et Tamlik (désormais appelé «Thomas») ont acquis une reconnaissance internationale dans le monde artistique. Une des mères est décédée ; l'autre s’est installée avec les trois sœurs à Kiwirrkurra.
Plus d'info sur Wikipedia.

Pitjantjatjara

Ethnie aborigène du désert d'Australie centrale. Ils sont étroitement liés aux Yankunytjatjara et Ngaanyatjarra et leurs langues sont, dans une large mesure, mutuellement intelligibles. Ils se désignent eux-mêmes par le terme « Anangu » (les gens). Les Pitjantjatjara vivent pour la plupart dans le nord-ouest de l'Australie-Méridionale, s’étendant dans le Territoire du Nord jusqu'au sud du lac Amadeus, et à l'ouest à courte distance en Australie-Occidentale. Le territoire constitue une part inséparable et importante de leur identité, et chaque partie de celui-ci est pour eux riche de signification et d’histoires.

Ils ont, pour la plupart, renoncé à leur style de vie nomade de chasseurs-cueilleurs, mais ont conservé leur langue et beaucoup de leur culture en dépit de l'augmentation des influences de la population australienne. Aujourd'hui, ils sont encore environ 4 000 à vivre dispersés dans les petites collectivités et les outstations sur leurs terres traditionnelles.

Rêve des sept sœurs / Kungkarangkalpa

L'un des cycles mythiques les plus populaires d'Australie (« Kungkarangkalpa » en pitjantjatjara). L'histoire,  longue et mouvementée, traverse tout le nord du continent ; elle est jalonnée de nombreux sites qui gardent l'empreinte des sœurs Nalpjarri et de leur poursuivant, Nyirru. 

Dans ses grandes lignes, le mythe est accessible à tous et, lorsqu'un Aborigène regarde le ciel, il voit dans les constellations la marque laissée par les Ancêtres, hommes et femmes, créatures mi-animales mi-humaines, mâles ou femelles, qui vivent dans le Temps du Rêve.

Les sept sœurs, pour échapper à l'ogre, leur père, qui les veut pour épouses, fuiront jusqu'à Uluru et là, usant de pratiques magiques, elles deviendront des étoiles de la constellation du Taureau, que nous Occidentaux appelons les Pléiades. Quant à Nyirru, il deviendra Tjukurra, l'étoile du matin, autrement dit Vénus, qui brille de l'autre côté du"fleuve nuit", la voie lactée. Ainsi il ne rattrapera jamais les sept sœurs, rappelant aux humains les interdits.

L'importance de ce mythe partagé dans une grande partie de l'Australie le fait probablement remonter aux premières arrivées d'Homo Sapiens sur ce continent. Certains scientifiques évoquent que ce mythe pourrait être plus ancien à l'arrivée en Australie et remonter à près de 100 000 ans.

© Photo Aboriginal Signature. Le rêve des sept soeurs par l'artiste Sylvia Ken du centre d'art de Tjala. With the courtesy of the artist and Tjala arts.

© Photo Aboriginal Signature. Le rêve des sept soeurs par l'artiste Sylvia Ken du centre d'art de Tjala. With the courtesy of the artist and Tjala arts.

Serpent arc-en-ciel / Ngalyod

Etre mythologique majeur pour le peuple Aborigène. On va trouver des œuvres d'art Aborigène magistrales composées par les artistes de Maningrida, comme John Mawurndjul qui évoquent ce mythe ancestral. Le Serpent arc-en-ciel est un serpent-dragon vénéré depuis plus de 10 000 anspar les Aborigènes. Il est considéré comme l'habitant permanent des puits et contrôle ainsi l'eau, la source de vie la plus précieuse. Il existe de nombreux mythes associés au Serpent arc-en-ciel, ce qui traduit l'importance de cet être mythique dans les traditions aborigènes. Plus d'information sur

© Photo : Aboriginal Signature with the courtsey of John Mawurndjul and Maningrida Art centre. Au centre, lové dans ce trou d'eau figure caché le serpent arc en ciel.

© Photo : Aboriginal Signature with the courtsey of John Mawurndjul and Maningrida Art centre. Au centre, lové dans ce trou d'eau figure caché le serpent arc en ciel.

Soakage

Il s'agit d'une source d'approvisionnement en eau dans les déserts australiens. Ce terme vient du mot « soak », qui signifie « tremper, imbiber »,  parce qu’en général l'eau y est absorbée par le sol sablonneux et stockée par-dessous. Les soakages constituent parfois un élément d'un cours d'eau temporaire ou d’un système de drainage. Ils étaient traditionnellement d’importantes sources d'eau pour les Aborigènes du désert, parce qu'ils sont les points d'approvisionnement les plus fiables en période de sècheresse. Connaître l'emplacement exact de chaque soakage était un savoir très précieux.

Songline

Dans le système de croyance animiste des Aborigènes, une songline, également appelée « piste rêvée » ou « piste chantée », est l'un des chemins à travers le pays (ou parfois le ciel) qui marquent la route suivie par les « êtres-créateurs » (ou Grands Ancêtres) locaux pendant le Temps du Rêve. Les itinéraires des songlines sont consignés dans les chansons, histoires, danses et peintures traditionnelles.

Une personne initiée est capable de se déplacer à travers le territoire en répétant les paroles de la chanson, qui décrivent l'emplacement des points de repère, les points d'eau, et d'autres phénomènes naturels. On dit que, dans certains cas, les chemins des Grands Ancêtres sont identifiables aux traces qu’ils ont laissées sur le sol, telles que les grandes dépressions dans la terre censées être leurs empreintes de pas.

En chantant les chansons dans l’ordre approprié, les peuples autochtones pouvaient s’orienter sur de longues distances, voyageant souvent à travers les déserts de l'intérieur de l'Australie. Le continent australien recèle un vaste système de songlines, dont certaines ne font que quelques kilomètres, tandis que d'autres traversent des centaines de kilomètres à travers les terres de nombreux peuples autochtones - des peuples qui peuvent parler des langues nettement différentes et qui ont des traditions culturelles distinctes.

Puisqu’une songline peut s’étendre sur les terres de plusieurs groupes linguistiques différents, les diverses parties de la chanson sont dans ces différentes langues. Les langues ne sont pas un obstacle parce que le contour mélodique de la chanson décrit la nature du terrain sur lequel la chanson passe. Le rythme est ce qui est crucial pour comprendre la chanson.
Plus d'information sur Wikipedia.

Spinifex

Nom donné à différentes espèces de graminées, dont le genre Triodia qui recouvre 22 % des zones semi-désertiques du centre de l'Australie. Ce sont des plantes vivaces qui poussent dans les régions australiennes arides. Elles jouaient un grand rôle chez les Aborigènes. Entremêlées, celles-ci constituaient des filtres très utiles utilisés à l'intérieur des coolamons pour purifier l'eau des impuretés. Les Aborigènes enconsommaient également les graines sous forme de pain, utilisaient la résine pour faire de la colle, et faisaient brûler des plantes pour communiquer entre eux.

© Photo Aboriginal Signature - Spinifex country. Vue du ciel des buissons de Spinifex dans le désert.

© Photo Aboriginal Signature - Spinifex country. Vue du ciel des buissons de Spinifex dans le désert.

Spinifex / Pila Nguru

Peuple aborigène, dont les terres traditionnelles sont situées dans le grand désert de Victoria, en Australie-Occidentale, à proximité de la frontière avec l'Australie-Méridionale et au nord de la plaine de Nullarbor. Une partie d'entre eux, figurent parmi les derniers nomades à avoir quitté cet état en 1986, soit deux ans après la tribu perdu du peuple Pintupi. Ils poursuivent en grande partie leur mode de vie traditionnel de chasseurs-cueilleurs à l’intérieur du territoire, sur lequel leurs revendications à la propriété  et aux droits collectifs associés ont été reconnues par une décision de la Cour fédérale du 28 novembre 2000. En 1997, ils ont entamé un projet artistique, le Spinifex Art Project dont des peintures ont contribué à appuyer leurs revendications. Les artistes vivent aujourd'hui dans un des endroits les plus éloignés de la planète à 850 km de tout endroit habité. En 2005, une grande exposition de leurs œuvres à Londres a attiré une large attention sur ces artistes. Leurs œuvres sont rares et puissantes et figurent dans les collections du British Museum.

Tingari

Dans la mythologie aborigène, les termes « Tingari » ou « cycle Tingari »  incarnent une immense série de pistes chantées (songlines), des lieux et des événements qui traversent la région du désert occidental de l'Australie, près du lac Mackay.

Les Tingari sont des Grands Ancêtres qui ont apporté la Loi du Rêve et la culture aux populations vivant dans les régions désertiques d'Australie. Ils évoquent des femmes et hommes Aborigènes initiés ayant traversé le désert semi-aride, suivi par de jeunes adolescents et adolescentes. Ces cycles comportent ainsi toute une dynamique de partage des connaissances entre générations.

Habituellement, dans les peintures, on voit une série de cercles concentriques liés aux lignes de connexion, et entre ces cercles des carrés à l’intérieur d’autres carrés. Ceux-ci représentent d'importants lieux de rassemblement pour des cérémonies, et des sites de campement où des évènements importants tels que les cérémonies d'initiation masculine ont eu lieu ; ces endroits sont très sacrés et il en émane beaucoup de pouvoir. D'autres représentations peuvent être totalement abstraites, avec des effets cinétiques suggérant les pistes chantées et les ondulations de la marche. La majorité des événements qui tournent autour des Tingari sont secrets et gardés comme tels aujourd'hui par les Aborigènes initiés. Un artiste comme Ronnie Tjampitjinpa ou Warlimpirrnga Tjapaljarri, évoquent dans leurs œuvres les cycles Tingari, et s'avèrent de grands gardiens de ce mythe du Temps du Rêve.

Exemple du cycle Tingari évoqué dans une œuvre de l'artiste Ray James Tjangala du centre d'art de Papunya Tula. With the courtesy of the artist and Papunya Tula art centre.

Exemple du cycle Tingari évoqué dans une œuvre de l'artiste Ray James Tjangala du centre d'art de Papunya Tula. With the courtesy of the artist and Papunya Tula art centre.

Tjala

Ce mot aborigène évoque à la fois la « fourmi à miel » Camponotus inflatus et un centre d'art du APY land situé à Amata. Les fourmis ouvrières accumulent du miellat de pucerons (et non du miel) qu'elles gardent dans leur gastre qui se déforme. Ces fourmis servent ainsi de réservoir vivant aux autres fourmis de la colonie, qui viennent leur donner le miellat ou l’y puiser par trophallaxie (la trophallaxie consiste en une régurgitation de la nourriture prédigérée contenue dans le jabot social afin de nourrir d'autres insectes de la colonie). On trouve leurs colonies à environ un mètre sous terre sous des mulgas (arbres de l’espèce Acacia aneura). Les tunnels des fourmis miel qui mènent à leurs nids sont appelés « nyinantu », et leurs larves « ipilyka-ipilyka ». Les fourmis à miel sont une source de nourriture très appréciée. Lorsque les Pitjantjatjara partent à la recherche de ces fourmis, ils cherchent les trous qu’elles ont creusés sous les arbres. Quand ils les trouvent, ils déblaient et creusent en suivant les tunnels jusqu’aux fourmis gorgées de miellat.

Leurs peintures qui évoquent ces mythes Aborigènes vont ainsi souligner de façon multi-dimentionnelles les galeries des fourmis, comme les grands ancêtres et autant de pistes chantées visibles ou sous-jacentes dans le territoire. Le Rêve de la fourmi à miel a été la première peinture Aborigène représentée aux yeux du public sur les murs de l'école de Papunya en 1971. Cette œuvre aborigène énigmatique a ainsi lancé ce mouvement d'art contemporain.

Peinture de l'artiste Mick Wikilyiri de Tjala Arts, soulignant le Rêve de la fourmi à miel. With the courtesy of the artist and the art centre.

Peinture de l'artiste Mick Wikilyiri de Tjala Arts, soulignant le Rêve de la fourmi à miel. With the courtesy of the artist and the art centre.

Wati-kutjara

Hommes-lézards de la mythologie aborigène, issus d'une montagne à l'époque du Temps du Rêve. Ils enseignèrent plus tard aux shamans comment communiquer avec le Temps du Rêve. Ils créèrent les talismans sacrés (appelés tjurunga) et les donnèrent aux gens. Ils créèrent aussi les arbres, les plantes, les rivières, les montagnes, les vallées et les autres caractéristiques géographiques. Ils castrèrent l'homme de la Lune en lançant un boomerang magique, Kidili. Celui-ci avait tenté de violer la première femme avant qu'elle ne se transforme en Pléiades. Il mourut des suites de ses blessures et disparut dans un trou d'eau.

© Photo : Aboriginal Signature gallery.

© Photo : Aboriginal Signature gallery.

Wilkinkarra

Le lac Mackay (Wilkinkarra en pitjantjatjara) est le plus grand parmi les centaines de lacs salés temporaires disséminés d’un bout à l’autre de l’Australie-Occidentale et du Territoire du Nord. Sa superficie est de 3.494 km². Beaucoup de mythes liés au cycle Tingari s'y déroulent.

Wiltja

Abris faits par le peuple Pitjantjatjara et d'autres groupes aborigènes tels que les Yankunytjatjara. Ces constructions ont conduit plusieurs anthropologues à évoquer l'idée de peuples semi-nomades. Ce sont néanmoins des logements temporaires, abandonnés et reconstruits plutôt qu’entretenus. Ouverts et semi-circulaires, les wiltjas sont principalement destinés à se protéger de la chaleur du soleil.

© Photo Aboriginal Signature. Wiltja - Abri aborigène.

© Photo Aboriginal Signature. Wiltja - Abri aborigène.

Woomera

Propulseur, c’est-à-dire un dispositif Aborigène permettant d'accroître la vitesse initiale et donc la portée ou la force de pénétration d'un projectile, tel qu’une lance. Le propulseur prolonge le bras humain et multiplie sa force par effet de levier. Cette technique fondamentale est aussi ancienne que l'origine de l'homme.

Yarla

Mot aborigène que le peuple Warlpri d'Australie centrale utilise pour désigner la pomme de terre de brousse Ipomoea costata. C’est une ressource alimentaire pour les peuples autochtones. Les pommes de terre de brousse sont cuites dans la terre chaude au coin du feu, et de nos jours cette pomme de terre est encore consommée dans le désert. Elle est souvent représentée dans les œuvres aborigènes, comme une source de glucides fondamentale.

Yulparija

Originaires du Grand Désert de Sable, les membres de ce peuple sont partis s’installer au sud-est de la communauté de Bidyadanga, sur la côte ouest du Kimberley (Australie-Occidentale). Les points d'eau étaient très importants pour les Yulparija. Le principal de ces points d'eau, Wirnpa, se situe dans la zone des lacs Percival. Les Yulparija ont émigré jusqu’à la mission La Grange (ancien nom de Bidyadanga) dans les années 1960 en raison de la sécheresse, de la baisse des nappes phréatiques à cause des compagnies minières et du manque de nourriture. Certains sont partis travailler dans les stations d’élevage d’Anna Plains, de Wallal Downs et de Mandoora. Alors que les Yulparija travaillaient dans les stations d’élevage, leurs enfants ont été emmenés à la mission La Grange pour y fréquenter l'école. Il y existe un centre d'art réputé avec des artistes clefs comme Daniel Walbidi, Weaver Jack, Jan Billycan, Lydia Balbal... Plus d'information sur ce peuple ici.

© Photo Aboriginal Signature. Vue du centre d'art Aborigène de Bidyadanga.

© Photo Aboriginal Signature. Vue du centre d'art Aborigène de Bidyadanga.

Merci à différents acteurs en Belgique et en Australie pour leur aide dans la composition de cette page qui sera progressivement enrichie.

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